Ca c'est un point intéressant.
Je prends un exemple au hasard : moi.
Je vais faire pareil

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J'ai la foi. La foi dans ce que je fais, dans mon métier, ma passion etc.... J'ai écris et je participe encore à quelques articles dans quelques revues (que j'ai citées) ou plus des revues plus "locale".
J'ai fait cela aussi pendant deux ans.
Jamais ô grand jamais je n'avais imaginé que cela puisse mériter salaire. D'une part parce que ça me faisait plaisir, d'autres parce qu'en faisant cela j'ai l'impression que je sers une cause (la nôtre) et que la rédaction d'article me sert aussi (CV, par exemple).
C'est exact. Il y a un bénéfice personnel à en tirer. Autant sur le plan des connaissances et du sérieux dans le travail que sur celui de la reconnaissance et de la "notoriété". Se faire un nom dans le bon sens du terme, ce n'est pas anodin, la plupart du temps plutôt agréable et cela alimente les conversations.
Puis, "nous" avons été démarché par une grande grande revue professionnelle pour faire un article d'une page dans chaque numéro et là.... Rémunération à la clé !
J'étais sur le postérieur.
J'ai eu la même chose de la part de deux revues.
Je n'ai pas monnayé les articles que j'ai fourni. Ils m'avaient demandé beaucoup de travail, mais étaient déjà écrits au moment où ces magazines m'ont contacté. J'en ai donc proposé un gratuitement, supposant que ce magazine ferait à nouveau appel à moi (je n'avais rien spécifié de particulier concernant une rémunération). Je n'ai plus jamais eu de nouvelles.
En revanche, à chaque fois que j'ai de suite négocié le prix de mes services, on s'est souvenu de moi (je reviendrais sur cela plus tard)

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Certes, on est plus dans "l'article qui me fait plaisir", mais dans "la commande dictée et réguliére" ; mais tout de même !!!!
Je ne fonctionne plus que sur commande ou sur proposition acceptée.
Et j'ai très largement de quoi faire, mes semaines sont bien occupées !
Le fait d'avoir des commandes a un effet positif : cela oblige à rester à la page et à essayer d'être au top. On reviens sur le bénéfice perso en plus des avantages pécuniers.
De plus, le montant était intéressant mais quand on en a parlé autour de nous (alors que jamais personne ne nous avait dit que cela pouvait être payé) ; on nous a dit qu'on demandait pas assez que les pages dans les magazines nationaux se marchandaient trés cher.
Il y a un tarif de base pour la pige. C'est basé sur un minimum connu de la plupart de ceux qui écrivent en free lance.
Dans la même idée : quand tu organises un congrés professionnels pour la profession infirmiére, par la profession infirmiére ; un truc, bien. Un truc qui est qu'à nous et qui malgré les mauvaises langues et un truc super sérieux ; donc, quand tu fais ça et que tu contactes un professionnnel pour qu'il vienne faire une présentation sur un sujet ; qu'est-ce qu'il te réponde ?????
- Combien c'est payé ?
Eh oui, parce que le salaire d'un travail, c'est l'argent. Je ne fais plus rien gratuitement. Pas forcément parce que j'ai envie de devenir riche, mais surtout parce que dans notre société, c'est l'argent qui attribue de la valeur aux choses.
Je l'ai constaté et le petit exemple que j'ai donné plus haut va dans ce sens. Donner quelque chose gratuitement le dévalue. C'est gratuit, donc on y attache moins d'importance. En revanche, dès que c'est cher il faut aller à la conférence, parce qu'on a pas envie de payer pour rien... C'est idiot, mais c'est malheureusement comme cela que ça fonctionne. Cela n'empêche en rien en revanche de fournir un travail de qualité.
C'est ce fossé entre la reconnaissance et le travail réel fourni qui m'a amené à ne plus rien faire gratuitement. Si en plus de travailler correctement pour faire des choses de qualité on dévalue mon boulot et que je me mange de critiques autant que cela ne soit pas pour des cacahuètes. Pour le coup j'aurais vraiment eu l'air d'un con. Et puis cela devient une forme de respect aussi par rapport aux auteurs. De la même façon que certains bénéficiaires de la banque alimentaire paient leurs courses à des tarifs symboliques. On est évidement pas du tout sur la même échelle
Jamais je n'aurais imaginé faire tout cela pour de l'argent. Alors... Sois je suis naif, sois je suis utopiste, sois je suis tout simplement con.
Et une chose à laquelle tu n'a peut être pas pensé ; tu dévalorises la profession. Les infirmiers de toute manière, ils sont dévoués, il travaillent pour l'amour du métier.
Moi j'en ai assez de ça. Je suis un professionnel, j'estime faire en sorte de fournir un travail de qualité. Et si je dois écrire ou intervenir, c'est la même chose.
Et un professionnel, c'est payé pour son boulot.
Et comme dit celle que je connais bien :"Trés trop con, les autres se servent pourquoi tu en profites pas comme eux ?".
Je ne crois pas qu'on se place sur le terrain du profit, mais d'une juste rétribution.
Une fois j'en ai profité.
Une société médicale avait besoin d'un traducteur et j'ai été largement surpayé. Même si le boulot était intense (j'avais très fortement réduit mon sommeil) sur une courte durée j'estime avoir été surpayé. Là, j'en ai "profité". Mais bénéficier d'une rétribution pour un travail, je trouve cela normal.
Bref, pour moi il faut "Servir avant de servir" et je ne conçois pas que l'argent puisse s'infiltrer partout comme ça.
L'argent c'est ce que l'on en fait. Il peut être noble, sale, indigne, motivant..
Néanmoins, je crois que c'est plus le manque de confiance en elle qui fait que les IDE n'écrivent pas ; plutôt qu'un probleme d'argent. Les docteurs ont un coté vénal que les IDE n'ont pas (ça se saurait depuis le temps).
Il y a des docteurs qui écrivent dans des revues et qui ne touchent pas le salaire en conséquence. Et encore une fois, je ne pense pas que demander de l'argent pour des productions infirmières puisse être qualifié de vénal. Je crois que ce qui freine surtout, c'est que justement que cette profession a la réputation de travailler "pour la gloire". Dévouement au patient, sacerdoce, vocation etc... Le fait que la formation s'universitarise va peut être changer les choses. Ceci opposé à "l'aura" médicale (on le voit bien d'ailleurs ici parfois ; si le médecin le dit....) fait que nos collègues ne se lancent pas. Il ne s'agit pas de dire qu'une infirmière est plus compétente qu'un médecin. Mais simplement que en ce qui concerne sont métier, elle en sait bien plus que le médecin. Oui, c'est possible et ce n'est pas péjoratif pour la profession médicale.