Je suis également à la recherche de l'historique du 17. Voici ce que j'en sais:
Ce numéro de téléphone a été créé en 1928, en avril. D'après mes recherches sur le web, certains sites font état du 2 avril et d'autres du 22 avril. Si ma mémoire est bonne, il me semble que le 17 ne fonctionnait à l'origine que dans les grandes villes. Je ne sais pas en quelle année ce numéro est devenu opérationnel partout en France. Je me souviens que dans les années 80, certaines cabines téléphoniques en campagne affichaient le numéro à six chiffres de la brigade compétente. Etant que la police gère les grandes villes et la gendarmerie les petites, beaucoup de gens notamment les plus âgées, pensent encore que ce numéro n'est que celui de la police ou ne fonctionne carrément pas depuis la campagne. Encore aujourd'hui on peut lire dans la presse régionale "police 17" et gendarmerie avec un numéro à dix chiffres. "Police-secours" laisse penser police uniquement.
Le 18:
C'est en 1881 que la première commutation téléphonique automatique supprimant toute intervention manuelle pour établir une liaison entre deux correspondants, fut présentée à l'exposition sur l'électricité qui se tenait à Paris.
Un décret du 9 février 1928 faisait obligation aux receveurs de donner suite, pendant les heures de fermeture du service, à toute demande de communication motivée par des circonstances exceptionnelles (sous entendus en cas de feu).
Le samedi 22 septembre 1928, Monsieur Henry CHERON, Ministre du commerce et des P.T.T, inaugura, à Paris, le premier central automatique français qui comportait 6000 lignes avec une prévision de 10000 quelques mois plus tard. Le ministre procéda lui-même à un essai en demandant un particulier puis le 13, service des réclamations. Ce fait historique revêt toute son importance : il témoigne de l'existence des numéros d'urgence et de service à 2 chiffres, dont sans doute le 18.
Cette inauguration ne reçut pas les mêmes échos de part les divers journaux de l'époque :
- L'Echo de Paris publia en première page, un article sous forme de mode d'emploi.
- Le Figaro ignora complètement cet événement.
- L'illustration relata cet important progrès avec des détails techniques très précis.
Dès 1929 lors de la parution des annuaires, apparaît pour la première fois qu'en cas d'incendie, les abonnés disposant de l'automatique peuvent composer directement le 18. Il est également précisé dans la circulaire du 23 septembre 1930, relative à l'insertion gratuite dans l'annuaire des numéros des postes pouvant être alertés en cas de sinistre : le mot "POMPIERS" devait figurer en caractères grossis. Une autre note, du 5 janvier 1931, relative aux numéros d'appel à attribuer aux sapeurs-pompiers dans les réseaux automatiques, précisait que "l'attention de l'administration a été appelé sur l'intérêt que présenterait dans les réseaux automatiques, l'attribution aux sapeurs-pompiers d'un numéro d'appel aussi simple que possible".
On peut donc dire que c'est à ce moment-là que le 18 entre progressivement en service alors que Paris compte environ 180 000 abonnés. Il faudra attendre la fin des années 1970 pour que la quasi totalité du territoire soit couverte par le réseau automatique.
La réception des appels
Au début de l'année 1945, un accord, entre les responsables de la direction de la défense passive et de la protection contre l'incendie et ceux de la direction de la gendarmerie, a permis de confier à la gendarmerie le soin de réceptionner les appels destinés aux sapeurs-pompiers.
Dans les communes qui disposaient d'un centre de secours, le concours des brigades de gendarmeries a été demandé pour recevoir et retransmette les appels au feu chaque fois qu'une permanence n'était pas réalisable au poste d'incendie ou à la mairie. Ces applications ne devaient être que très rares. Les communes classées en centre de secours étaient limitées. Depuis, les centres de secours se sont multipliés, ainsi que le nombre d'appels pour ces derniers, en particulier pour les secours à victimes.
C'est progressivement que les sapeurs-pompiers ont repris la gestion de leur numéro d'urgence. Enfin, le décret, n° 88-623 du 6 mai 1988 leur confie officiellement la gestion de l'alerte : L'article 31 précise que "pour répondre aux demandes de secours, les centres de traitement de l'alerte des services d'incendie et de secours sont dotés d'un numéro d'appel téléphonique unique, le 18".
Interconnexion 15, 18
Le décret n° 87-1005 du 16 décembre 1987, relatif aux missions et à l'organisation des unités participant aux Services d'Aide Médicale d'urgence, fixe en son article 8 : "les centres de traitement de l'alerte du numéro 18 et les centres de réception des appels du numéro 15 se tiennent muttuellement informés, dans les délais les plus brefs, des appels qui leur parviennent et des opérations en cours et réorientent vers le centre compétent tout appel n'entrant pas directement dans leur domaine d'action".
Le décret n° 97-1225 du 26 décembre 1997, relatif à l'organisation des services d'incendie et de secours, pris en application de la loi 96-369 du 3 mai 1996, reprend, dans son article 44, les points suivants qui étaient précédemment cité : le numéro d'urgence 18 est affecté aux centres de traitement de l'alerte et le 15 pour les centres de réception des appels médicaux, l'interconnexion du 15, 17 et 18 ,...
Ainsi aujourd'hui tous les appels reçus par le sapeurs pompiers ou le SAMU peuvent être transférés directement sans que l'appelant ne soit obligé de refaire un numéro. C'est ce qu'on appelle l'interconnexion des services.
Le numéro d'urgence unique européen 112
La mise en place du numéro d'urgence européen, le 112 permet à toute personne étrangère de bénéficier de secours adaptés dans un bref délai. Cependant la mise en place fut délicate car sur le plan technique le passage au format à trois chiffres n'a été possible qu'après le remplacement de tous les autocommutateurs électromécaniques par des générations électroniques (1996). Parallèlement, il a été nécessaire d'adopter un nouveau numéro pour l'accès à l'annuaire éléctronique (le 11 a été remplacé par le 3611).
Le numéro d'urgence unique européen, le 112, se met en place progressivement sur l'ensemble du territoire européen et donc français. Pour l'Allemagne, cette procédure ne devrait pas poser de difficultés majeures. En effet le 112, correspondait au numéro d'appel d'urgence des sapeurs-pompiers allemands.
Un arrêté du conseil des communautés européennes du 29 juillet 1991 fixe en 5 articles les modalités d'application de ce numéro d'urgence :
Article 1 : Les Etats membres veillent à ce que le numéro 112 soit introduit dans les réseaux publics,... en tant que numéro d'appel d'urgence européen. Il est introduit parallèlement à tout autre numéro d'appel d'urgence national, lorsque cela se justifie.
Article 2 : ...le numéro d'appel d'urgence unique est introduit au plus tard le 31 décembre 1992.
Article 3 : ...l'introduction complète du numéro d'appel d'urgence unique européen, qui, en tout état de cause, doit être effective au plus tard le 31 décembre 1996.
Article 4 : Les Etats membres prennent les mesures nécessaires pour assurer que les appels utilisant le numéro d'appel d'urgence unique européen soient suivis et traités de façon appropriée, de la manière la plus adaptée à l'organisation nationale des systèmes d'urgence.
Le débat sur son rattachement au 15, ou au 18 conduit SAMU et DDSIS à s'accorder sur le fait que son utilisation nécessitera une formation des stationnaires à l'usage de langues étrangères et notamment de l'anglais.
source:
http://www.snspp.com/pompiers/le18.htm