Électronicien de métier, je connais pas trop mal les quelques moyens de calculer l'énergie qui va passer par un point plutôt que par un autre. Accessoirement, je me suis intéressé au fonctionnement du DSA en lui-même.
Pour redonner quelques bases :
- pour provoquer une fibrillation ventriculaire (puisqu'on parle ici d'atteinte vitale), les seuils sont de
temps - intensité
3 s - 40 mA
1 s - 75 mA
100 ms - 500 mA
et ce, avec un courant alternatif dans la gamme 50-100 Hz. Si c'est du continu, on peut multiplier par 3,75 les courant. Dans l'alternatif plus rapide, c'est pareil, il y a un facteur de multiplication variable en fonction de la fréquence.
Je n'invente aucune valeur, tout cela se retrouve dans la littérature type norme, ou littérature scientifique.
L'article se trouvant à l'adresse ci-jointe
http://www.urgence-pratique.com/2articles/defibri/art-defibrillat-3.htm donne une valeur moyenne de 80 Ohms pour l'impédance trans-thoracique. On est bien plus bas que l'impédance moyenne du corps humain donné dans la NF C 15-100, pour une tension supérieur à 250V, qui varie entre 325 Ohms (corps immergée dans l'eau) à 1000 Ohms (peau sèche).
Cette différence s'explique justement par le fait que la peau est un isolant pas trop mauvais, mais qui va perdre cette qualité au contact de l'eau, ou mieux, au contact du gel utilisé sur les électrodes du défibrillateur. La résistance va également diminuer quand un fort champ électrique est appliqué.
C'est en effet ce fameux gel qui va permettre en partie de vaincre la barrière isolante de la peau (je simplifie beaucoup), permettant de descendre à une impédance de 80 Ohms.
N'oublions pas que sauf les BNSSA, le secouriste est rarement à poil, les vêtements et les chaussures qu'il porte sont donc autant d'isolant en plus qui vont augmenter son impédance par rapport à la terre.
Pour revenir à ce que tu cites, 20A, oui, c'est énorme. Mais c'est à ramener à la durée de l'impulsion totale. Cette impulsion va durer quelques ms, avec un pic de courant important qui sera lui d'une durée inférieur à la milli-seconde.
J'ai donc d'un côté ma victime faisant 80 Ohms, de l'autre mon brave secouriste que l'on va mettre à 650 Ohms (on va dire qu'il a la peau humide à cause du stress ...)Vl'a ti donc pas qu'on a déjà un facteur 8 sur la résistance du corps humain (sauf si mon secouriste est un pervers et s'enduit de gel spécial électrode sur tout le corps)
le DSA va choquer en délivrant une énergie de 150J, donc une impulsion dont la valeur en tension va être quelque part aux alentour de 2000 à 3000V, et le pic de courant entre 10 et 20A, en fonction de l'impédance de notre victime (je rappel la loi d'Ohms : U = R x I ). Les Valeurs de U étant fixé par le DSA, R par l'impédance trans-thoracique de notre victime, I se retrouve être fixé par la loi d'Ohms.
Maintenant, je reprend mon brave secouriste qui touche ma victime. Admettons que son thorax soit en contact franc et massif avec celui de la victime au moment du choc (la position me laisse rêveur ...). Le rapport entre les 2 impédances va donc déjà donner un courant maximum pouvant circuler dans notre secouriste de l'ordre de 2A.
Là, on est dans les valeurs dangeureuses en terme de courant, mais n'oublions pas que le laps de temps reste très court. La probabilité de créer une fibrillation chez notre brave secouriste est pas si élevé que cela.
Repartons ensuite sur un autre secouriste un peu moins couillon, et qui n'aura eu que l'étourderie de toucher la victime au niveau des membres supérieurs ou inférieurs. La majorité du courant circulant à l'intérieur du thorax de la victime grâce aux électrodes bien placés, le courant de fuite présent à la surface de peau de la victime ne sera pas très important (quelques dizaines de mA tout au plus).
On reprend nos quelques lois fondamentales sur les ponts diviseurs de résistance, et on s'aperçoit que le courant qui traversera notre étourdie sera de quelques mA tout au plus. Et ce, pendant un laps de temps de l'ordre de la ms.
On est bien loin des seuils de fibrillations, par contre, on est dans la fourchette entre "seuil de perception" (ça picote) et "choc au toucher" (la bonne vieille châtaigne).
Pour t'en convaincre, pose toi la question du pourquoi on décale un peu l'electrode chez une personne ayant un stimulateur cardiaque. Tout simplement parce que sous l'effet du champs électrique et du courant qui va la traverser si on pose l'electrode au dessus de la pile, celle-ci sera détériorée, voir détruite. Un malheureux cm suffit à la mettre à l'abri de ce genre de risque. C'est belle et bien parce que le courant va passer entre les 2 électrodes, et pas (ou quasiment pas) ailleurs.
Donc encore une fois, si le sauveteur touche la victime de la poitrine (donc pas loin du chemin normal du courant), oui, il va le sentir passer dans certaines conditions, sans pour autant que sa vie soit en danger. Si il lui touche le bras ou le pied, il ferait mieux de se coller à une clôture à vache si il cherche des sensations fortes.
Si ma réponse ne te conviens pas, ne te reste plus qu'à aller écumer les services de recherche dans le domaine (je ne peux que te conseiller l'excellent institut du thorax à Nantes) pour trouver un ponte qui arrivera à te fournir la preuve scientifique indiscutable. le seul problème sera de réussir à comprendre ce qu'il te raconte, à moins d'être à bac + xx comme lui

Porteur de gobelet de café...