Je pense en effet que les questions posées par Briga méritent une réflexion posée.
Ce qui suit est mon opinion personnelle, argumentée autant que possible.
La loi sur les vehicules "prioritaires" ne doit-elle pas être éclaircie?
Pour moi, elle est relativement claire. Je ne l'ai pas lue intégralement, mais j'ai eu droit à une exégèse en règle lors de ma "formation" de conducteur VSAB, et lors de mon COD1, et lors de mon SAP2, et lors de plein de stages en fait. Je vais te résumer ce que j'ai retenu:
1- Tu n'es pas prioritaire, tu
demandes la priorité.
2- Si un conducteur civil te la refuse, il a tort; mais si tu as un accident lors d'une manoeuvre en infraction au droit commun, tu assumeras les conséquences de l'accident; car tu dois rester maître de ton véhicule. Pénalement, tu es entièrement responsable; civilement, ton SDIS te couvrira mais pourra se retourner contre toi. Et je ne parle même pas des sanctions administratives.
Pour moi, la loi est cohérente, protège l'usager de la route. On ne va pas privilègier une poignée de véhicules d'urgences contre l'ensemble des usagers, ce serait absurde.
Imaginez les conséquences si nous avions l'immunité totale à partir du moment où nous partons en intervention...
La jeunesse et l'inexpérience de certains conducteurs ne doit-elle pas être plus prise en considération? Une formation plus poussée, et spécifique sur la conduite rapide ne devrait-elle pas être obligatoire en fonction des structures d'emploi?
C'est en fait pour moi la même question. Les deux volets de la même: sélection et formation des conducteurs.
Dans ma caserne, on manque de conducteur; ce qui nous a obligé à donner cette aptitude (après formation symbolique de 4 heures) à des "jeunes" conducteurs qui n'ont ni la mentalité, ni l'humilité qui permettraient d'avoir des départs en intervention efficaces et sécurisés.
Un Fangio avec un minimum d'humilité, tu le calmes ("Soit tu te calmes, soit c'est moi qui prends le volant"). Un Fangio qui part du principe que les accidents, c'est forcément la faute des autres, ça devient un problème sérieux. Le premier, tu peux le former, le deuxième tu pisses dans un violon ou tu deviens saignant et tu écris.
La fonction de conducteur doit-elle imposer une recherche de comportement face aux produits alcolisés ou stupéfiants (prise de sang) obligatoire?
Pourquoi seulement le conducteur?
Un chef d'agrès beurré peut tuer un jeune BAT avec un ordre crétin. Un chef d'agrès VSAB sous chichon peut achever une victime. Pour moi cette recherche doit être systématique, aléatoire, et sans exception. Après tout, même les colonels conduisent. Oui, je suis un peu extrême sur le sujet.
L'elargissement des responsablitées concernant le code de la route aux chefs d'équipes, peut-elle reduire des comportements qui porte atteinte aux citoyens?
Je suis contre. Sur un plan administratif, c'est faisable, note bien. Mais sur un plan pénal ou civil, ce serait déroger aux règles du droit commun.
A l'heure actuelle, par chez moi, ils en sont à former les conducteurs EI en leur disant que ce sont eux, les vrais patrons de l'engin (le sous-off restant le patron de l'intervention). En tant que conducteur, j'ai mon mot à dire sur la position de l'engin, sur la manoeuvre d'alimentation, et le chef d'agrès n'a AUCUNE autorité pour me dicter ma façon de conduire, sauf pour me calmer si je suis un Fangio. D'ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, j'ai "diplomatiquement" envoyé chier un Chef qui voulait me faire prendre un sens interdit. Mais ils s'habituent tous peu à peu. Elle est finie, la grande époque où on traversait la ville à 80 km/h sans débander, et en faisant monter les automobilistes et les éboueurs sur les trottoirs.
Si je viole le code de la route, peu importe que ce soit sur ordre du C/A ou du Chef d'équipe: c'est
moi qui conduis, c'est
ma faute, c'est
mon permis qui saute.
Résultat, quelque soit le motif de départ, je passe les stop et les feux en seconde, dans le doute je laisse passer les gens qui me grillent la priorité que - de ce fait - je n'ai pas; bien entendu, ça fait monter la tension.
Voilà mon point de vue sur les questions que tu poses. Sur l'affaire elle-même, je me refuse à dire quoi que ce soit. J'attends que la Justice fasse son boulot.