Oh et puis flûte, je vais tenter de répondre de façon argumentée et rationnelle.
Suedois, j'ai ouï dire que tu étais justement SPP, et peut-être cette discussion sera-t-elle autre chose qu'un gros troll velu. Commençons par la fin:
Engagez-vous dans un syndicat ...vous aurez l'air moins cons.
Qui te dit que ce n'est pas mon cas? Je ne dérogerai pas à mes habitudes (je ne donne que très peu d'information sur moi), mais je fais peut-être partie d'un syndicat qui a appelé les SPP dans la rue le 21 novembre prochain.
Suédois a écrit:Messieurs les pros au lieu de gueuler , mettez vous un peu au taf !!!
Elle est bien bonne celle-là. Je sais qu'il y a des élus qui tiennent ce discours; ils n'ont toujours pas digéré la départementalisation, trouvent que les conseils généraux dépensent trop de fric pour la sécurité publique, et poussent à des conventions tripartites n'offrant pas toutes les garanties. Pas de nom, mais j'ai vu passer les minutes d'une commission des finances où le rapporteur spécial nous étrillait très sérieusement. Et avec une ignorance crasse de la façon dont nous sommes obligés de fonctionner.
90 jours de taf par an , ça va ???
Ce n'est pas l'objet de la pétition. En ce qui me concerne, c'est peu; et l'adaptation aux 35 heures a été difficile. Maintenant, j'ai connu avant, je connais après, et ma famille leur dit merci, aux XX gardes par an (pour moi c'est plus, on en est encore loin).
L'objet, là c'est la dangerosité et l'insalubrité du métier.
Sans compter ceux qui sont en 12 heures !!!
Chez moi, il y a un seul SPP dans la caserne qui ne tourne pas qu'en 24 heures, c'est le chef de centre. Normal.
Un peu de black à coté et surtout le double statut qui permet de se faire un max de blé !!!!
Air connu. Non contents de cracher sur le volontariat, certains professionnels trouvent de bon ton de juger que les professionnels qui font des gardes volontaires sont des "jaunes". Personnellement, je n'ai pas le choix. Je suis en train de faire mes dernières gardes annuelles (de mon quota de pro); au-delà, soit je branle rien, et on se retrouve en sous-effectif, soit je rentre dans mon compteur annuel de 2007 (ce qui ne fait que reporter le problème et est de toute façon prohibé par le règlement du SDIS), soit je tourne en tant que volontaire. Ce qui va (malheureusement) être le cas cette année.
Mais là-encore, ce n'est pas le problème.
Le problème, c'est tous les collègues qui arrivent à 50 ans, complètement éreintés, inaptes opérationnels, et qui ont de faibles chances de reclassement.
Prenez un cabot-chef ou un sous-off standard de 50 berges, qui en a plein les bottes, qui est psychologiquement et physiologiquement au bout du rouleau. Vous lui demandez de tenir jusqu'à la retraite. S'il a été recruté tardivement, mettons 25 ans, il va devoir tenir encore 5 à 10 ans. On le met où? En SHR, il n'y a pas un nombre de places infini. En préretraite, il va se retrouver avec une pension de misère, d'autant plus qu'environ 10 à 15% de son traitement est constitué de primes qui ne sont pas prises en compte dans le calcul; a fortiori s'il n'a pas cotisé pour toutes ses annuités.
Bilan, un SPP engagé en 1981 est envoyé au rebut, après 25 ans de services, et parfois avec des problèmes de santé particulièrement invalidants. Et je ne parle même pas des alcooliques qui n'ont jamais réussi à décrocher, et de toutes les saloperies qu'ils ont inhalé, absorbé, et subi durant leur "brève mais belle carrière"; ce raisonnement reste valable quelle que soit l'appartenance (gros ou petit CI).
Merci d'avoir joué avec nous, n'oubliez pas votre belle médaille des 20 ans offerte par l'Union, votre casque en souvenir, et bonne paupérisation.
Il est beau, le service public. Ils sont beaux, nos "héros". C'est bizarre, mais depuis que je suis dans la maison, on arrête pas de me répéter que les héros sont dans les cimetières; cela prend un nouveau sens. C'est peut-être pour ça que je me mets à tenir le même discours aux recrues?
Je ne suis pas virulant .. Juste logique ..
Ben justement, ta logique m'échappe.
Tu en fais quoi, des collègues qui sont gentiment balancés aux chiottes avec l'adresse d'une assistante sociale. Ah ça c'est clair, ils ont eu des avantages. Certains en ont bien profité: logés par le service, ils ont "oublié" de mettre du pognon de côté, ils se retrouvent sans toit, avec un revenu minable, en perte totale de repère.
Et ne parlons pas des retraités, passons aux "jeunes". N'as-tu jamais eu de collègue qui craquent, qui pètent une bonne dépression nerveuse, qui vire à l'état maniaco-dépressif? Je connais quelques exemples dans mon département; j'ai une trouille bleue: me retrouver à les masser le jour où ils ne se seront pas ratés. Il y en a même qui sont des potes.
Et quand je parle de collègues qui craquent, je parle pas de vieux briscards; je parle de collègues qui ont entre 30 et 40 ans; des mecs que j'ai déjà ramassés parce que leur femme les avait plaqués en embarquant les enfants, après qu'ils aient été dégagés parce que "mentalement instables". Et 10 ans avant, on aurait
jamais cru qu'ils péteraient un plomb.
Et je parles par vécu ..pas des on-dits !
Justement, moi aussi je te parle de vécu.
Mais tu as vu quoi? Des casernes où tous les SP (volontaires compris) sont des modèles d'équilibre mental? Où vous avez tous une santé de fer? Où pas un seul n'a de problème ni d'alcool, ni de tabac, ni de chichon? T'en as de la chance. Sur l'effectif de mon centre, je compte au moins 60% d'addictions diverses, je vous passe les détail, mais avec mon paquet de clope par jour je suis sur les rangs. Et je parle même pas des problèmes familiaux, des vies privées plombées par un rythme de vie qui a été en partie perturbé (!) par le passage aux 35 heures.
Les SP ont voulu la reconnaissance du métier et ils se sont fait niquer !!
Ah ça oui. Mais n'entrons pas dans le détail.
Fallait demander l'insalubrité !!! ça c'est mieux !!!
Si c'est toi qui le dis, je veux bien le croire. Je n'ai pas trop creusé cette partie du sujet. Ce que je vois, c'est que la dangerosité, c'est très symbolique, et il y en a un paquet qui sont en train de se faire enfiler à sec.
Des SPP aux chiottes, sans autre forme de procès. Et je ne parle même pas des vieux SPV abîmés de partout qui quittent le service par la petite porte: l'inaptitude médicale.
Mais des SP qui sortent 30 fois par jour , tu me donneras le CSP ...jsute que je rigole un peu ...
Elle est marrante celle là. Théoriquement, c'est possible. Dans Paris intra-muros, un gros CS pas trop loin d'un CH, avec un mouchoir de poche en guise de secteur, pourrait avoir quelque chose qui se rapproche de ça (Chateaulandon?). Mais bon... On en est pas à 40 mn de moyenne; ce serait plutôt du 20 minutes (on charge, on fait le bilan en roulant, on décharge, on repart). Quelque chose comme le travail à la chaîne.
30 sorties ..ce doit etre de la camionnete des bléssés ....Si on met une moyenne de 40 minutes par sorties ....1200 minutes ..je te laisse chercher combien ça fait en heure ... Très content Très content Très content Très content Très content Très content il Bosse dur le SP .....
Franchement, faut arrêter de se branler avec les grosses boîtes. Un petit CI avec une garde restreinte bosse autant mais différemment.
Chez moi, on est à 30 bornes du CH et on couvre une dizaine de communes rurales. Moyenne: 7 interventions par jour, à vue de nez. Un VSAB, chez moi, c'est minimum 1h45; moyenne 2h30 (pas mal de SMUR, secteur rural oblige). En hiver, j'ai en moyenne 2 inter par nuit. J'en ai une bien bonne: à mon avis, je dors aussi mal que dans une grosse boîte qui fera 6 départs dans la nuit, mais où l'effectif et les spécialités seront mieux représentées, et où le CH est intra-muros.
J'ai connu 3 affectations, et c'est peut-être parce que je vieillis, mais j'encaisse plus mal mon cas de figure actuel que mes premières affectations (CIS à 6000 et 4000 inters / an).
Et la vraie question: quelqu'un qui a tourné à ce régime pendant 20 à 30 ans, qui a connu les temps de garde de 72/24 et 48/48, qui a bossé avec des EPI de qualité inférieure à ce qui se fait aujourd'hui, qui a ramassé tout ce temps là de la viande froide sur la route à 3h du matin, et qui arrive à bout de course alors qu'il est à 10 voire 15 ans de la retraite, on en fait quoi?
Elle est là, la question. Et le 21, c'est pour ces gens là que je descendrai dans la rue.
A titre personnel, je sais déjà que je ferai pas ce métier là toute ma vie; j'arrêterai sans doute avant de passer la ligne jaune. Mais tout le monde ne peut pas se le permettre.